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Interview de Jean-Baptiste Gouraud

Présentation de Jean-Baptiste Gouraud

L’excellent parcours de Jean Baptiste Gouraud

Jean Baptiste Gouraud est un homme très dur à classer. Il faut dire que le parcours du bonhomme est des plus atypiques. Passionné de dessin et de peinture, dans lesquels il a baigné depuis sa tendre enfance, il est aussi passionné de sciences en général, et plus particulièrement de biologie. Il surprend son monde en optant pour un bac S, avant de « rectifier le tir » pour intégrer l’école d’art à Nantes. Il convient ici de citer l’un des premiers exploits de Jean Baptiste Gouraud : réussir à intégrer l’école sans passer par le cursus classique emprunté par les personnes venant d’autres filières, à savoir la première année MANAA (mise à niveau arts appliqués). Son secret ? Un talent sûr pour le dessin et la peinture, mais aussi beaucoup de travail. Dans l’esprit de Jean Baptiste, il n’y a pas de secret : la réussite passe par le travail. C’est ainsi qu’il occupe aujourd’hui le poste de directeur artistique chez une grande agence parisienne de la place, et que sa panoplie de compétences est, pour le moins, incroyable !
Pour devenir directeur artistique, Jean Baptiste Gouraud s’est formé comme il se doit au métier. Entre 2009 et 2012, il a suivi une formation de communication visuelle à l’Ecole Pivaut de Nantes, couplée à un IUT Gestion des entreprises dans la même ville. Avant de devenir directeur artistique, il a d’abord été graphiste. Le numérique n’a donc aucun secret pour lui. Et s’il apprécie particulièrement la peinture classique et le dessin au crayon, Jean Baptiste n’en oublie pas d’être « dans son temps ». C’est ainsi que ses compétences, fruits de ses passions, s’en trouvent très diverses, pour ne pas dire surprenantes : design d’interfaces pour applications et jeux, packaging pour divers domaines d’activités, community management, création de contenu pour réseaux sociaux, acrylique, portraits, paysages…

1 .Quelque chose m’interroge dans votre parcours. J’ai bien compris que le dessin et la peinture faisaient partie de votre vie depuis tout petit. Néanmoins j’ai du mal à m’expliquer comment on en arrive à passer un bac scientifique… est-ce la pression des parents ? le besoin d’avoir en poche un diplôme permettant d’obtenir de nombreuses opportunités en terme d’orientation ? ou bien vous êtes tout simplement un artiste qui aime les sciences ?

Jean-Baptiste Gouraud Non, c’est simplement le fait que j’ai toujours apprécié les sciences en général, et la biologie en particulier, j’avais fait une spécialité Biologie. Bien sûr, il y a aussi une forme d’élitisme de la S, et j’ai sans doute été poussé par l’exemple des parents, mais personnellement je ne l’ai jamais vécu comme une contrainte, au contraire.

2. Et ensuite vous embrayez sur une école d’art à Nantes sans passer (il faut le souligner) par une première année MANAA (mise à niveau arts appliqués qui est le cursus classique pour quelqu’un venant d’une autre filière). Est-ce de l’inné ou est-ce la somme d’années de travail qui vous ont permis de passer ce concours ?

Jean-Baptiste Gouraud Pour être tout à fait honnête, je pense que c’est un peu des deux. Bien sûr j’ai toujours eu des facilités avec un crayon mais j’ai également toujours énormément dessiné. Avant de passer le concours il m’a fallu préparer un dossier avec des œuvres personnelles, et j’avais déjà pu voir le travail de haut niveau de certains élèves, ça m’a donc motivé à bien bosser en préparation du concours. De plus réussir ce concours avait un impact à la fois sur mes études et mes finances : cela me permettait d’économiser un an et plusieurs milliers d’euros donc j’étais (très) motivé.

3.Revenons à la personne qui vous a fait entrer dans la peinture. Votre grand mère. Pouvez-vous nous en parler ? Était-ce un loisir ou un métier pour elle ?

Jean-Baptiste Gouraud Oui bien sûr, très tôt j’ai aimé l’ambiance de son atelier en région parisienne au dernier étage d’un immeuble, une grande pièce ensoleillée. Il me reste de très bons souvenirs de cette “ambiance”, des odeurs de peinture, des toiles inachevées, … Pour ma grand mère, c’était son métier mais presque un métier que l’on exerce comme un loisir. En fait je ne sais pas s’il y a vraiment eu de motivation financière. Elle aimait peindre, c’est tout. Et je crois bien qu’elle m’a transmis cette passion.

4. Vous a-t-elle donné des cours ? Ou vous a-t-elle simplement aidé à commencer en vous procurant du matériel et laissé faire votre chemin tout seul ?

Jean Baptiste Gouraud En fait pas vraiment. Elle m’a bien sûr donné quelques bases et quelques astuces, mais j’ai surtout appris en dessinant des sujets qui m’intéressaient. Des oiseaux au début, puis des paysages et enfin des portraits. Plus que des cours elle m’a surtout donné de quoi commencer. Ma première boite d’aquarelle venait d’elle. Elle me l’a offerte lorsque j’avais 12 ans et cette boîte m’a énormément servie. Avec il y avait mes premiers pinceaux, des Raphaël. Ils étaient de si bonne qualité qu’ils m’ont duré très longtemps. Il y en a certains que j’ai encore. C’était une des leçons “non dites” de ma grand mère, de celles qu’on apprend avec le temps : le matériel de qualité est d’une importance primordiale.

5. Vous avez été directeur artistique après avoir été graphiste. L’outil informatique n’est-il pas un peu frustrant comparé aux techniques traditionnelles “bien réelles”. Ou est-ce plutôt l’inverse (l’informatique permettant de tout changer, modifier, revenir en arrière, etc…) ?

Jean-Baptiste Gouraud C’est une bonne question. Je possède un iPad mais je n’ai pas acheté de stylet qui me permettrait de dessiner. Nous sommes sûr des écrans en permanence, et la technique traditionnelle permet de sortir un peu du virtuel. Mais il y a une différence entre graphiste et illustrateur. Si mon métier était illustrateur, là je ferais beaucoup de choses en numérique parce qu’effectivement les outils numériques ont un côté très pratique, on peut les emporter avec soi et travailler de partout, …

6.Avec nos modes de vie modernes aux rythmes trépidants, y a-t-il encore de la place pour la beauté, la peinture et la créativité ?

Jean-Baptiste Gouraud Bien sûr, elle a juste changé de lieux d’expression. Je pense qu’il y a plus d’artistes aujourd’hui dans le monde du jeu vidéo, de l’illustration, du graphisme, de la pub… Même s’ils ne sont pas reconnus comme tels. Pourtant ils fourmillent d’idées que l’on devrait qualifier d’artistiques. En revanche j’ai l’impression que le milieu de l’art contemporain sombre dans le n’importe quoi depuis pas mal d’années maintenant. Pour illustrer mes propos, je citerai simplement la Banane de Cattelan à 120 000 dollars…

7.Quel est votre but lorsque vous vous engagez dans un processus créatif ? Est-ce de retranscrire la réalité ? Faire passer un émotion ? Revendiquer ou transmettre un message ? Tout ça à la fois ?

Jean-Baptiste Gouraud Plutôt les deux premiers. Je dois préciser quand même que je ne me considère pas du tout comme un artiste mais comme un passionné de peinture. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui excellent dans une technique en particulier. Je regarde beaucoup les peintres classiques, qui souvent ne revendiquaient qu’une chose : le Beau.

8.Quels sont vos projets dans les semaines et mois à venir ?

Jean-Baptiste Gouraud J’aimerais bien me remettre à l’illustration numérique. Depuis les débuts des tablettes, le dessin numérique a fait d’énormes avancées et avec des applis comme Procreate on peut vraiment faire de très beaux travaux tout en étant parfaitement nomade. Je souhaite explorer ces possibilités, et pourquoi pas réaliser des illustrations pour des marques.

9. Pour terminer, pensez-vous, vous aussi, transmettre un jour cette passion à vos proches ? Peut-être est-ce déjà le cas ?

Jean-Baptiste Gouraud A mes enfants certainement. J’espère un jour avoir une pièce dédiée pour la peinture, un atelier où je puisse m’étaler un peu, laisser des toiles en suspend et les reprendre des semaines plus tard, et donner à mon tour l’envie de peindre à des plus jeunes.

F.A.Q


Question : La peinture à l’huile est-elle la seule spécialité de Jean Baptiste Gouraud ?
Réponse : Non, il sait aussi bien manier les pinceaux que les logiciels de design.

Question : Jean-Baptiste Gouraud s’est-il formé au métier de directeur artistique ?
Réponse : Oui, entre 2009 et 2012 il a fait une formation de communication visuelle à l’École Pivaut de Nantes. Mais aussi un IUT Gestion des entreprises à Nantes.

Question : Jean-Baptiste Gouraud est-il passionné que de peinture?
Réponse : Non, la littérature et la poésie sont des passions qui lui prennent le plus de son temps libre.

Question : Est-ce que Jean-Baptiste Gouraud compte refaire des toiles dans le futur ?
Réponse : Oui, il a comme projet de redonner plus du temps à la peinture à l’huile pour refaire des tableaux.

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