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Entretien avec le Docteur Jean-Jacques Perrut – Biologiste et écrivain

avec la participation de monsieur Jean Jacques Perrut

Bonjour M. Perrut, pour commencer pouvez-vous vous présenter ?

Jean-Jacques Perrut: Bien sûr ! Tout d’abord merci à vous de m’avoir invité pour cette interview ! Je m’appelle Jean-Jacques Perrut. Je suis aujourd’hui à la retraite, mais je suis biologiste de métier. J’ai également exercé diverses activités, notamment associatives. Enfin je suis aussi écrivain et j’ai aujourd’hui plusieurs ouvrages à mon actif.

Eh bien ! Quel panel d’activités impressionnant ! Pour expliquer cela, pouvez-vous commencer par nous expliquer votre parcours ?

Jean Jacques Perrut: En effet lorsque l’on déroule tous mes domaines de prédilection on s’aperçoit que ceux-ci sont assez variés. Je suis né dans le Beaujolais, une magnifique région. Par la suite, j’ai mené une enfance et une adolescence tranquille dans ma ville natale jusqu’au moment fatidique du choix des études supérieures. Je me suis alors tourné vers la psychobiologie, à l’Université Claude Bernard.

Plus que les théories de Freud ou de Jung, c’est le cerveau humain et son association au corps humain qui me fascinait. J’ai toujours entretenu cette passion de l’aspect scientifique et biologique des choses. J’ai enchainé sur un doctorat en pharmacie que j’ai validé en 1986. À partir de là, je pense qu’on peut dire que j’ai sauté à bras ouverts dans le vaste champ de la biologie humaine. C’est un sujet qui me passionne et j’ai essayé d’en apprendre plus sur celui-ci tout au long de ma vie, à travers des lectures bien sûr, mais également en passant des DU et en assistant à des cours sur le sujet.

J’ai toujours été fasciné par l’éponge à connaissance que représente métaphoriquement notre cerveau.J’ai donc étudié toutes sortes de choses : bactériologie, virologie, parasitologie, immunologie, immunopharmacologie ou encore biochimie hématologie, toxicologie, pathologie médicale, infectiologie…

En parallèle à l’accumulation de toutes ces connaissances, je me suis aussi intéressé à l’œnologie. Pour cela je me suis rendu à Dijon, à l’université de la vigne et du vin. J’ai ainsi pu découvrir la passionnante science du vin. Par la suite, je suis devenue biologiste, et je me suis également engagé dans plusieurs associations dédiées au maintien des seniors à domicile. Puis j’ai également passé d’autres DU associés à mes diverses activités : gérontologie, médecine des catastrophes, médecine tropicale , chronobiologie, allergologie ou encore d’histoire de la médecine ou de santé humanitaire…

Quel parcours varié en effet ! Vous nous parliez tout à l’heure de votre activité d’écrivain, est-elle née de cette accumulation de connaissances et de cette richesse d’étude ?

Monsieur Perrut: En grande partie oui ! Mais je pense tout de même avoir un goût pour l’écriture, née de mon amour  pour la lecture. Je suis un très grand lecteur et c’est toujours avec une grande joie que je me plonge dans certains livres qui me semblent fondamentaux. Vous savez, lorsque l’on a amassé certaines connaissances , et que la vie vous apporte son lot de doutes, de tourments, de regrets, mais aussi de joies, d’expériences et de souvenirs… Il arrive un moment où vous ressentez le besoin de coucher tout cela sur le papier. Mes écrits sont encore essentiellement de fondement scientifique, mais je pense dans l’avenir me tourner vers des écritures plus philosophiques, plus réflexives…

Votre premier ouvrage traite des risques biologiques, un sujet complexe que vous traitez à travers plusieurs prismes notamment historiques, pouvez-vous nous en dire plus ?

Monsieur Jean-Jacques Perrut: Avec plaisir ! il s’agit de mon premier écrit, nommé sobrement « Risques et Menaces biologiques ». Il est paru en 2003. Moi, Jean Jacques Perrut, m’exprime dedans sur les risques bactériologiques auxquels l’homme se soumet, volontairement ou non. C’est aussi l’occasion pour moi de revenir sur un sujet aussi passionnant qu’effrayant : les armes biologiques. J’y retrace l’histoire de leur utilisation à travers les âges, mais plus que les simples faits historiques, c’est la cruauté et l’imagination de l’homme que je trouve la plus intéressante dans ce récit.

Les premiers empoisonnements de masse volontaires datent de l’antiquité, plus précisément de l’an – 1350 au Moyen-Orient. Aussi surprenant que cela puisse paraître, déjà à cette époque, l’homme a imaginé un moyen de faire la guerre bactériologique. Dans leurs villages pillés, les Hittites laissaient volontairement des béliers contaminés par la bactérie Francisella tularensis de la tularémie. Dans la Chine de la même époque, on envoyait des cadavres pestiférés dans les villes assiégées. Les exemples en ce sens abondent…
Plus tard, au Moyen Âge, on contaminait les puits par des excréments en Europe occidentale. En temps de guerre, on n’hésitait pas à lancer des barils contenant des excréments ou des cadavres en putréfaction par-dessus les murs d’enceinte des villes assiégées. L’objectif était de propager des maladies dans les rangs de l’ennemi et de démoraliser ses troupes. Illustration ultime de cette technique immonde : le siège de Caffa datant de 1346. Caffa est l’actuelle Théodosie, en Crimée, un comptoir génois assiégé à l’époque par l’armée tatare. Alors qu’une épidémie grave décimait les troupes des assaillants, le général de l’armée tatare, Kiptchäk khän Jambeg, trouva le moyen de tourner la situation à son avantage en catapultant les cadavres pestiférés de ses soldats derrière les murs de la ville assiégée. Les historiens pensent que c’est ce triste épisode qui a été à l’origine de la peste noire, qui a décimée près de la moitié de la population européenne à partir de l’an 1347.

Avec les technologies dont nous disposons aujourd’hui, il y a fort à parier que le problème pourrait prendre une tout autre ampleur si certains se décidaient à réutiliser ces méthodes, et cela pourrait effectivement arriver. Ce jour-là, nous devrons être prêts, et ce livre c’était aussi l’occasion pour moi de tirer la sonnette d’alarme tout en pointant certaines solutions.

Parmi ces solutions, vous proposez par exemple la vaccination ?

Jean-Jacques Perrut: En effet, c’est une solution même si elle nécessite une anticipation qui n’existe que rarement dans un tel conflit. je crois en la vaccination, qui est pour moi le synonyme d’un très grand progrès et je pense qu’on a aujourd’hui tendance à oublier ce bilan.

Un autre de vos ouvrages parle d’ailleurs de l’inventeur de la vaccination, et son titre attire d’ailleurs immédiatement l’œil par son aspect légèrement provocateur : « Faut-il déboulonner la statue de  Pasteur ? », de quoi parle-t-il ?

Monsieur Jean Jacques Perrut: Oui en effet on me fait souvent remarquer le nom de cet ouvrage. Cependant, il s’agit exactement de l’effet que je recherchais. Loin de dénigrer ce grand homme de science à qui l’on doit beaucoup, mais je pense qu’il est primordial de replacer celui-ci à la place qui lui est due : celle d’un acteur parmi d’autres ayant participé à une grande avancée de la médecine moderne dont la vaccination.

En effet, et c’est le sujet de mon essai, la vaccination est constituée d’étapes progressives, de découvertes que l’on peut attribuer à plusieurs noms comme Loir, Toussaint, Galtier, Béchamp, Roux, … Tous ont participé à la création des briques du vaccin. D’où cette volonté de mettre en lumière dans mon ouvrage ces hommes de l’ombre ,méconnus, voire méprisés et humiliés.

Vous abordez également l’œnologie, que vous croisez avec la religion dans un autre de vos écrits, « le vin et la Bible ». Jean-Jacques Perrut est donc un homme de foi ?

Perrut: Eh bien oui, ma grande rigueur scientifique ne m’interdit pas de trouver du sens dans la religion. Ce sont deux univers que l’on a tendance à opposer totalement, et qui peuvent pourtant totalement vivre en cohabitation. Beaucoup de grands scientifiques sont de grands croyants. Et écrire ce livre était l’occasion pour moi de me plonger dans deux mondes qui me passionnent. Cela m’a aussi éloigné pour un temps du domaine scientifique.

A l’aide d’archives et de minutieuses recherches, j’ai fait une anthologie de la place du vin dans des textes saints. Il est très intéressant d’observer ses différentes interprétations dans les différents textes, et de faire des croisements.  Par exemple, la vigne est un symbole de fertilité, et cela dans de nombreuses religions, y compris antiques. On s’approche également ici d’une approche historique en plus d’être religieuse.

Vous semblez en effet être un homme d’histoire, et votre dernier ouvrage « À l’ombre de l’auréole » revient d’ailleurs sur une certaine époque historique de votre région natale, le Beaujolais ?

Jean Jacques Perrut: En effet, j’ai choisi d’écrire sur cette région, à la fois pour amener un témoignage sur une région de France peu connue, mais également avec l’idée de rédiger un écrit proche de la biographie de ma famille. Il faut savoir que je partage des liens de parenté avec un des grands hommes de la région comme Claude Bernard. L’écriture de ce volume était un occasion de mêler fiction et biographie autour d’un sujet qui me tient à cœur.

Cette bibliographie très complète dessine bien l’auteur éclectique que vous êtes, avez-vous des projets d’écriture à l’avenir maintenant que vous êtes retraité ?

Monsieur Jean-Jacques Perrut: Aujourd’hui je consacre plutôt mon temps libre à la lecture et aux promenades dans le Beaujolais. Actuellement, je suis en train de finaliser un ouvrage sur le transhumanisme. D’autres réflexions, gardées sous le coude, pourront faire l’objet d’un ou deux volumes afin de les partager au monde.

Nous suivrons cela de près dans ce cas ! Merci Jean Jacques Perrut de nous avoir accordé un peu de votre temps.

Monsieur Perrut: Merci à vous !

Vous pouvez retrouver Jean-Jacques Perrut sur linkedin.

Résumé des questions :

Qui est Jean jacques Perrut ?

Jean Jacques Perrut est un biologiste de métier, aujourd’hui à la retraite. C’est aussi un écrivain de plusieurs ouvrages sur son métier, sa région et sur le vin.

Quels sont les livres de Jean Jacques Perrut ?

Les ouvrages écrits par M. Perrut sont Le vin et la bible, à L’ombre de l’auréole et risques et menaces biologiques.

De quoi parle l’ouvrage le vin et la bible de Jean Jacques Perrut ?

Cet ouvrage traite de la place des vins dans les textes saints catholiques. Il analyse notamment les symboles et le contexte autour du fameux breuvage

De quoi parle à L’ombre de L’auréole, roman de Jean Jacques Perrut ?

Ce livre parle notamment de l’histoire de familles rurales de la Dombes et du Beaujolais

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