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LIFE ONG : Présentation de l’organisation par Hervé Dubois

Interview du M. Hervé Dubois

Directeur exécutif de LIFE ONG

par Stéphane Alaux, Expert E-Réputation, fondateur du cabinet d’E-Réputation Net Wash.


LIFE ONG sauve des vies en donnant accès à l’eau (entre autres…)

Son directeur exécutif nous explique comment fonctionne cette ONG et quels sont leurs projets, en espérant que ces derniers deviennent aussi les nôtres…


1. DEPUIS quand existe LIFE ONG ?

LIFE ONG : LIFE existe depuis 2009. L’ONG a pris réellement son essor en 2012 et travaille aujourd’hui dans une 15aine de pays en voie de développement.

2. Quel est votre parcours ?

LIFE ONG : J’occupe aujourd’hui le poste de directeur exécutif de LIFE, et en même temps le poste de directeur de l’Institut de Coopération Internationale.

Juste avant cela, j’ai aussi été le président de l’ONG Planète Urgence, reconnue d’utilité publique et administrateur de Handicap International France (Co-Prix Nobel de la Paix).

J’ai débuté mon parcours dans le domaine de la solidarité internationale en 1985. Après une formation en développement et coopération internationale (promo BIOFORCE puis Ifaid/Bordeaux 1985) et un diplôme universitaire (Aix/Marseille) de logistique industrielle, j’ai exercé (très peu) en France dans le domaine du transit international et au Canada pour l’optimisation des plateformes multimodales de transport.

Dès 1986, après un court passage chez Vétérinaires sans Frontières, j’ai intégré Médecins du Monde au poste de Coordinateur Logistique et Reconstruction Infrastructures Sanitaires en 5e région du Mali. Collaborateur programme Magasin Santé (prg initiative de Bamako : MDM/OMS/Ministère de la Santé)

En 1988 et ce jusqu’en 1994, je suis devenu le responsable logistique de Médecins Du Monde à Paris. Mise en place et direction du département logistique à Paris, organisation des opérations d’urgence de l’ONG sur de nombreuses missions à travers le monde, (Roumanie, Kurdistan, Bangladesh, Bosnie, Somalie, etc…). En 1993, j’ai créé avec deux autres amis de l’humanitaire, l’ONG Atlas Logistique, pour assurer la gestion logistique des crises humanitaires en partenariat avec de nombreuses ONG internationales et agences des Nations Unies. Organisation des grandes missions d’urgence en Bosnie, au Rwanda, RDC, Congo-Brazzaville, Honduras, Algérie, Kosovo, Indonésie. Atlas logistique a reçu en 1997 le prix national de la performance logistique et est devenu le partenaire logistique majeur du Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies.

En 1999, j’ai créé avec Pierre Lévy, (YSL) le concept « Congé Solidaire » en France et au Canada, et suis devenu directeur de l’ONG Congé Solidaire pour proposer aux entreprises « citoyennes » françaises d’envoyer leurs salariés en missions de solidarité internationale pour le renforcement des capacités des organisations locales dans 15 pays en développement. Devant le développement rapide de ce concept grâce à la loi sur les « 35 heures » et la couverture médiatique de ce projet, le « Congé Solidaire » a soutenu plus de 50 organisations nationales et internationales. Le Congé Solidaire a reçu le prix « entreprises et développement » du Haut Conseil de la Coopération Internationale remis par le Premier Ministre en 2001.
En 2006, l’association « Congé Solidaire » est devenue, le 1er janvier 2004, l’ONG Planète Urgence. J’ai donc été directeur général de celle-ci jusqu’en avril 2011.

En 10 ans d’action, Planète Urgence a envoyé, dans plus de 30 pays en développement, près de 5 000 volontaires et collaboré avec plus de 450 entreprises partenaires pour des projets de renforcement de capacité ou de protection de l’environnement. Ce sont au total plus de 700 projets d’ONG locales soutenus et près de 60 000 personnes formées dans le domaine de l’aide au développement et à la protection de l’environnement.

Création et mise en œuvre de grands programmes nationaux avec les médias et les entreprises mécènes de France (« une moustiquaire pour l’Afrique », « Kits scolaires », « l’École Mobile de Brousse », « 1arbre=1euro », « Gulli / Europe1 », « dessine-moi un arbre », etc..)

En 2011, j’ai fondé et dirigé l’Institut de Coopération Internationale, centre de conseil et de formation dans le domaine de la solidarité et de la coopération internationale basée à Saint Denis. Les deux activités principales de l’I.C.I sont : aide à la reconversion des cadres des entreprises françaises vers le secteur de la solidarité internationale et insertion socio-professionnelle par l’action humanitaire des jeunes des quartiers.

  • Intervenant universitaire :

Ayant participé à l’écriture de plusieurs ouvrages traitant de l’humanitaire d’urgence, il participe régulièrement, comme intervenant, à diverses formations supérieures spécialisées dans le domaine de la coopération au développement et de l’économie sociale. Aujourd’hui, je suis également formateur à Science Pô St Germain en 2e, 3e et 5è année.

  • Action sociale :

A la demande de la mission « Banlieues » de Médecins du Monde, et grâce à un partenariat avec UIMM, nous avons créé un cycle de formation qualifiant de 9 mois en logistique humanitaire pour les jeunes en difficultés d’insertion. Projet repris aujourd’hui par l’Institut de Coopération International sous le titre de Banlieue et Coopération (Bancoo).

  • Création de l’ADDH :

Très intéressé par la démarche des entreprises françaises concernant le développement durable et la responsabilité sociale de celles-ci, j’ai participé en 2002, à la demande de Guy Hascoët, secrétaire d’État à l’économie solidaire, à la création de l’Académie du Développement Durable et Humain.

Aujourd’hui et après plus de 30 ans d’expérience humanitaire à travers le monde, je me consacre donc un peu plus à la transmission des connaissances, (I.C.I, Science Pô) tout en continuant l’action par la coopération et l’action humanitaire de terrain (LIFE ONG).

3. Quelle est votre expérience la plus marquante ?

LIFE ONG : Le drame humanitaire qui m’a peut-être le plus marqué est probablement le Rwanda. Cette expérience m’a fait perdre (temporairement) des repères sur la confiance en l’homme mais m’a montré douloureusement la fragilité de la nature humaine face à la manipulation. D’autres expériences « de l’humanitaire de guerre » telles que l’Irak, la RDC ou la Bosnie m’ont bien fait murir sur les limites de l’action humanitaire face à l’irresponsabilité politique. Enfin, j’ai aussi vécu de belles expériences positives d’entraide entre des femmes et des hommes gravement sinistrés lors de catastrophes naturelles comme le tsunami en Indonésie ou le tremblement de terre en Haïti.

4. Où en sont les français avec le don ?

LIFE ONG : D’après une enquête du journal « La Croix », les grandes crises sont encore mobilisatrices de générosité. C’est le cas aujourd’hui pour le Yémen, la Syrie ou le Sahel.

Bien sûr, rien à voir avec les 2 grandes collectes pour le tsunami en Asie de décembre 2004 et le tremblement de terre à Haïti en 2010. Dans ces deux cas, les images inédites diffusées « en live » ont déclenché une générosité exceptionnelle (voire excessive) inégalée pour l’instant et ce, pour deux raisons d’après moi :

  • Ce furent des catastrophes naturelles, donc pas un drame lié à la main de l’homme. Les peuples touchés n’y pouvaient rien.
  • Les images en live, pour le tsunami, envoyées par des touristes qui étaient en Thaïlande ont permis à chacun de vivre cette catastrophe et cela a encouragé l’internaute à agir immédiatement.

« Et un drame non médiatisé n’existe pas », avait coutume de dire Bernard Kouchner.

Nous sommes dans une époque où nous sommes inondés d’informations par des canaux traditionnels comme la télé et nouveaux comme les réseaux sociaux. Ces informations sont de moins en moins bonnes qualités et les citoyens ont bien du mal à faire le tri. Quelques fois le doute s’installe et l’acte de don n’est pas facile. Pour autant, les français sont toujours aussi généreux mais ne veulent plus se cantonner à un rôle de donateur donnant procuration à une structure uniquement en fonction de son image façonnée par les médias.

Et puis, on remarque que ces dix dernières années, et LIFE en est un témoin important, les techniques de collecte de fonds évoluent assez rapidement vers les nouveaux outils numériques. Les campagnes numériques et surtout les réseaux sociaux permettent de solliciter une base plus large. En effet, les réseaux sociaux comme ­Facebook qui, depuis 2015, donne par exemple à chacun de ses utilisateurs la possibilité d’ouvrir très facilement une cagnotte en ligne, sont un levier supplémentaire : « Le donateur devient un ambassadeur, à même de gagner d’autres donateurs ».

Toujours d’après La Croix, un milliard de dollars est le montant que Facebook a annoncé mi-novembre 2018, a avoir permis à des associations d’engranger grâce à ses outils de collecte de dons depuis 2015.

Pour les autres formes de dons, il semblerait que le don par chèque reste majoritaire, mais baisse. Les parts des dons en liquide et par prélèvement automatique restent stables. Enfin 15 % des donateurs effectuent leur don par carte bancaire en ligne (contre 12 % en 2017). Là aussi, on progresse, il y a de moins en moins de réticence à faire un don en ligne par carte bancaire. Et d’autres voies sont encore à développer comme notamment le don par SMS.

Il faut cependant faire sans cesse des efforts pour que la confiance perdure entre le donateur et l’ONG qui intervient sur le terrain.

5. Qu’est ce qui peut relancer la confiance ?

LIFE ONG : Pour donner en confiance, il faut comprendre et s’éduquer à la solidarité internationale. Cela permet de faire le tri en fonction de repères plus clairs, avoir une grille de lecture des actions proposées et une meilleure analyse de la gouvernance des structures opérationnelles en qui le donateur va placer sa confiance et son don. Il faut faire progresser les postures pour que le donateur ne donne plus en « confiance » mais donne en « connaissance ».

6. Le numérique peut-il renforcer cette confiance ?

LIFE ONG : Oui, les moyens de communication numérique peuvent, s’ils sont bien utilisés, apporter plus de confiance pour le donateur. En effet, le donateur peut se rapprocher de l’action grâce à ces outils. Photos et vidéos peuvent être transmises en temps réel. Le donateur peut vivre en direct de ce que son don apporte aux destinataires, il n’est plus obligé de vivre cela par procuration ou d’attendre le courrier de remerciement ou un rapport d’exécution. Le donateur peut même devenir un don’acteur. C’est-à-dire qu’il peut passer en direct avec une structure de la société civile locale qui est bénéficiaire de l’action et qui dispose de moyens numériques pour la communication. Attention, cela peut avoir un effet pervers car sans bonne connaissance des techniques d’action de la solidarité internationale, il est facile d’inviter le donateur vers des actions « d’assistanat » et non pas de développement. Dans la durée, ce type de relation a des effets inverses, on peut passer de l’engagement individuel, ce fameux « envie d’agir » à un sentiment de rejet du bénéficiaire. Par ailleurs, il faut solliciter la structure bénéficiaire pour avoir les preuves d’une bonne gouvernance, ce qui, à distance, est plus compliqué. C’est un piège dans lequel ne tombent plus les « professionnels » du développement.

7. On imagine l’humanitaire essentiellement hors de nos frontières, mais LIFE ONG est engagée également sur l’hexagone je crois savoir ?

LIFE ONG : Oui LIFE s’est lancée depuis deux ans dans une action en France. En collaboration avec l’Institut de Coopération Internationale, le conseil régional Île-de-France et les collectivités locales franciliennes, LIFE apporte son appui à un projet qui s’appelle bancoo « Banlieue et Coopération ». C’est un programme de formation pré-qualifiant qui s’adresse à un public de jeunes habitants en région Île-de-France et qui utilise l’action humanitaire comme expérience professionnelle re-structurante et porteuse de sens.

Le programme, dont le public cible sont des jeunes de 18 à 25 ans en difficulté d’insertion professionnelle et issus de quartiers en difficulté. Il s’agit du Contrat Urbain de Cohésion Sociale. Il vise à former et à orienter les jeunes pour découvrir des métiers existants au sein de la solidarité et de la coopération internationale et leur permet ensuite d’intégrer ces mêmes métiers dans le secteur marchand en France. A l’issue de cette formation, les jeunes ont acquis des compétences qui leurs ouvrent la possibilité d’entrer au sein d’une formation qualifiante ou diplômante plus longue, souvent en alternance au sein d’une entreprise parmi nos partenaires identifiés.

8. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’organisation de Life ONG ?

LIFE ONG : LIFE est une Organisation Non Gouvernementale, une ONG comme on dit, créée dans le but d’apporter une aide efficace aux populations les plus vulnérables en France et dans le monde. LIFE est une association de loi 1901, privée, apolitique, non lucrative et donc d’intérêt général. Elle a son siège en France et intervient dans le monde entier. LIFE intervient sur le terrain par la mobilisation de secours d’urgence et la mise en place de programmes de développement, en faveur de tout citoyen du monde en souffrance quel que soit sa nationalité, son origine et sa religion.

La vocation de LIFE est d’améliorer les conditions de vie des populations en situation de détresse ou de sous-développement. LIFE apporte un intérêt particulier aux femmes et enfants en situation de grande précarité.

La neutralité et l’indépendance dans ses actions, l’impartialité dans ses rapports avec les partenaires et bénéficiaires et le plus grand respect des personnes aidées sont les valeurs fondamentales qui guident notre ONG. Ainsi, chacun de ces principes garantit aux populations une aide de qualité, dans le respect de la diversité culturelle, religieuse, sociale et dans l’équité.

LIFE agit grâce à la générosité de ses donateurs en France et à l’étranger et notamment grâce à la communauté musulmane de France. LIFE sollicite également les bailleurs de fonds publics et privés de l’action humanitaire internationale et de l’aide au développement. LIFE, dont le siège social est à Paris, dispose de bureaux administratifs en région parisienne et compte 8 collaborateurs à plein temps et de nombreux bénévoles et stagiaires pour organiser les missions dans 12 pays en voie de développement. Sur le terrain, ce sont plus de 70 collaborateurs nationaux que nous mobilisons tous les jours pour la réalisation des projets. LIFE privilégie systématiquement des actions en partenariat avec les organisations locales, nationales et internationales et les structures publiques. Ceci afin de s’appuyer sur les réseaux existants et de favoriser les synergies. Cela permet la complémentarité, la transmission de compétences et le développement des capacités locales. Ces partenariats sont en outre un gage de pérennité des actions engagées.

9. Vous avez trois domaines d’expertises…

LIFE ONG : Dans des contextes de pauvreté, d’exclusion, de conflits ou de catastrophes naturelles, les actions de LIFE sont en effet prioritairement orientées sur 3 secteurs de la solidarité internationale :

L’Aide d’Urgence: par la fourniture des moyens de survie, abris, aide alimentaire, l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

L’Aide au Développement : par des programmes visant l’accès à l’éducation, accès à l’eau potable en zone rurale, accès à l’énergie, développement des activités génératrices de revenu, le développement socio-économique des populations des pays en développement.

La Protection de l’Environnement : LIFE ONG appuie des programmes de reforestation dans le monde entier et notamment en Indonésie. Par la plantation d’arbres, LIFE contribue à la lutte contre la déforestation massive dans le monde et le réchauffement climatique. Derrière l’arbre, LIFE et ses partenaires développent des activités génératrices de revenus pour les populations les plus pauvres.

10. LIFE est-elle une ONG d’origine musulmane ?

LIFE ONG : Oui, LIFE puise son origine dans la communauté musulmane française et d’ailleurs une grande majorité de nos donateurs est issue de cette communauté. LIFE s’inspire des valeurs de l’Islam, celles de la solidarité et du respect de la dignité humaine. LIFE se veut une association citoyenne de réconciliation entre les communautés et les peuples. Elle s’est donnée une morale d’action, des principes fondateurs et une ligne de conduite propice à une posture de tolérance, acceptation des différences sociales, raciales et bien sûr, religieuses. D’ailleurs, pour témoigner de cet esprit d’ouverture et de tolérance, le conseil d’administration de LIFE a confié la direction de l’ONG à un non musulman.

11. Comment imaginez-vous l’avenir de l’humanitaire ?

LIFE ONG : On peut observer facilement 2 mouvements très clairs :

  • Une ultra professionnalisation des ONG internationales. Cette démarche entamée il y a un peu plus de 20 ans, concerne principalement les ONG d’urgences et du post-crises et a pour origine l’augmentation des fonds privés par le développement du marketing. Mais aussi par l’entrée en action de grands bailleurs de fonds publics, tels que l’Union Européenne, les fonds américains et anglo-saxons ou l’aide bilatérale qui s’est ouverte aux ONG (AFD, Coop Suisse, etc…). Ces mêmes bailleurs imposent également un cadre administratif et opérationnel assez contraignant, ce qui exclut de fait les petites organisations.
  • Le développement un peu anarchique de ce que j’appelle la coopération citoyenne. Ce mouvement est né de la volonté du citoyen de passer d’un rôle de donateur à un rôle d’acteur. L’évolution de nos sociétés du Nord, donne un sentiment de plus en plus fort de manque de repères et manque de sens dans son activité professionnelle. Aussi, bon nombre veulent aujourd’hui agir. Ce mouvement est à la fois une chance car il est impliquant à tous égards et cela permet le rapprochement entre les peuples, l’acceptation des différences et une éducation au développement. Pour autant, il faut accompagner ce mouvement en le structurant et en formant ces nouveaux acteurs pour qu’ils soient complémentaires aux autres acteurs plus « professionnels ». Mais également pour éviter les pièges de l’assistanat et de la création des éléphants blancs des années post-coloniales. Il faut aussi travailler la question : qui aide qui ? Est-ce que l’on agit pour soi ou pour l’autre ? Celui qui a le sentiment d’aider l’autre, revalorise son image et sa confiance en soi donc il faut accompagner le don’acteur qui pourrait se satisfaire de cette situation qui n’offre pour autant aucune durabilité en termes de développement. L’échange entre l’acteur et le bénéficiaire n’est plus équilibré et cela peut à terme affaiblir ce mouvement citoyen. La solidarité est une rencontre équitable où chacun doit apporter à l’autre, il faut veiller à cet équilibre qui permet le vrai développement durable des pays en développement et qui ne génère pas de frustration voire de rejet. Un proverbe africain dit que « la main de celui qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit ». Pour que le mouvement de coopération citoyenne puisse se développer il faut combattre cette posture par de la sensibilisation et de la formation des acteurs.

12. Quels sont les projets de LIFE ?

LIFE ONG : Dans les années à venir, LIFE va consolider ses actions dans le domaine de l’accès à l’eau potable pour les populations les plus pauvres dans le monde.

L’accès à l’eau potable dans le monde, le bilan de LIFE en 2018 : Une étude des Nations Unies (OMS et UNICEF) en 2018 nous montre que 11 % de la population mondiale, soit près de 844 millions de personnes, n’a pas accès à l’eau potable. Un petit calcul rapide nous indique que si nous devions fournir de l’eau potable pour ces 11%, LIFE devrait construire près de 3 millions de puits dans le monde et ce, principalement en Afrique et Asie.

Nous sommes environ 7,5 milliards d’êtres humains sur la planète.

  • 5,3 milliards (71 % de la population mondiale) en bénéficient à domicile
  • 1,3 milliards de personnes (18 % de la population mondiale) ont accès à l’eau mais doivent se déplacer à moins de 30 minutes aller-retour.

Petite question : si nous, en France, devions faire 30 minutes de marche pour aller chercher 2 sceaux d’eau chaque jour, aurions-nous l’impression d’avoir accès à l’eau potable ? Probablement non. Mais les normes internationales intègrent cela comme une contrainte raisonnable et donc on estime que seulement 11% de la population mondiale n’a pas du tout d’eau potable.

Pour ces 850 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’eau sur place, ils sont forcés de consacrer une grande part de leur temps et de leur énergie à s’approvisionner, en se déplaçant vers des sources dont la qualité est mal contrôlée. Enfin, il faut savoir que le plus souvent, cette tâche très lourde physiquement est prise en charge par les femmes et les enfants.

Près de 450 millions de personnes boivent l’eau d’un puits ou d’une source d’eau non protégée des contaminations. On estime que près de 160 millions de personnes captent leur eau de boisson dans une rivière ou un lac (eau stagnante) au risque d’une contamination notamment en cas de péril fécale. L’eau souillée est l’un des vecteurs majeurs des maladies qui font le plus de morts sur la planète, notamment les enfants à cause des diarrhées foudroyantes non soignées dans les zones de concentration de population.

Néanmoins, on progresse : l’évolution la plus significative concerne l’Asie où le pourcentage de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable est passé de 20 % à 6 % ces 15 dernières années. L’Afrique reste le continent qui a le plus de difficulté en matière d’eau potable pour ses populations. On peut cependant noter que certains grands pays, comme l’Inde par exemple qui a fait de beaux progrès en la matière, restent très sensibles notamment en ce qui concerne la surexploitation et la contamination des nappes phréatiques.

L’eau potable est, avec l’alimentation et le logement, un pilier essentiel de la qualité de vie. Il nous appartient à nous, pays nantis, de tout faire pour la rendre accessible aux plus pauvres et la préserver pour les plus riches. LIFE y contribue chaque jour.

LIFE va aussi ancrer davantage encore ses actions dans une démarche de développement durable. Nous allons consacrer plus de budget pour l’accès à l’énergie solaire dans les zones rurales en Afrique pour l’éclairage mais aussi pour les forages d’eau potable.

Nous allons également poursuivre nos efforts dans le domaine de la reforestation en doublant chaque année nos surfaces de plantations. Nous consoliderons nos programmes en cours en Indonésie et à Madagascar. Nous lancerons en 2020 des plantations au Sahel couplée avec des projets de réduction de coupe (Foyer amélioré). Nous continuerons également nos efforts pour rapprocher encore plus nos donateurs de nos actions en leur proposant de venir sur le terrain avec nous, notamment pour les « grands donateurs ».

13. L’internet et surtout le web 2.0 change la donne en termes de communication. Comment gérez-vous cette révolution ? E-Réputation et identité numérique ?

Life ONG : Nous prenons pleinement conscience qu’internet et les outils numériques en général ainsi que les réseaux sociaux sont des outils indispensables pour le développement des actions humanitaire. Bien sûr en termes de collecte mais aussi en termes de transparence. Il faut savoir utiliser ces nouveaux outils au service des plus faibles mais avec une certaine éthique. Cette communication numérique, symbole des temps modernes peut aussi être une source d’informations nuisibles y compris pour des actions vertueuses. Les années 70/80 ont vu apparaitre les techniques du marketing direct avec l’envoie massif de courrier de sollicitation à des donateurs. Il y avait aussi ces courriers avec des goodies qui avait pour but de toucher et récompenser le donateur. Ces techniques de marketing direct avaient un coût important et avait donc pour conséquence d’augmenter les frais de collecte. La communication numérique permet aujourd’hui de remplacer ces méthodes et de baisser les frais de siège. LIFE utilise uniquement ce moyen de communication numérique pour la collecte de fonds, notamment les réseaux sociaux. Justement, les réseaux sociaux comme ­Facebook qui, depuis 2015, donnent à chacun de ses utilisateurs la possibilité d’ouvrir très facilement une cagnotte en ligne, sont un levier supplémentaire?: « Le donateur devient un ambassadeur, à même de gagner d’autres donateurs ».

La lutte contre la faim dans le monde a été longtemps la cause la plus fédératrice. Aujourd’hui, les combats pour l’eau potable ou contre le changement climatique mobilisent.

Le budget mis à la disposition des ONG a triplé en dix ans. Cet argent vient à la fois des dons privés et des fonds institutionnels. À l’échelle mondiale, les fonds consacrés à l’humanitaire chaque année sont estimés par l’ONU à 23 milliards d’euros. Il faudrait, d’après l’organisation internationale, 35 milliards d’euros répartis entre les actions d’urgence et de ­reconstruction.

14. Les ONG font-elles plus appel aux dons privés ou à l’argent public??

Life ONG : En France, quatre grandes ONG seulement ont plus de la moitié de leurs ressources qui provient de collectes auprès des particuliers?: Médecins Sans Frontières (MSF), Médecins Du Monde (MdM), Handicap International (HI) et Action contre la Faim (ACF). Elles ont été présentes les premières, à une époque où diffuser un message pour toucher un nouveau donateur revenait à environ 1 €.
Désormais, il faut faire appel à des techniques marketing plus élaborées pour susciter l’intérêt des donateurs. Il est devenu indispensable pour les ONG de communiquer sur les réseaux sociaux et autres canaux numériques pour faire entendre leur message.

Life l’a bien compris, en 2018, ses ressources proviennent à 99% de la collecte privée via une communication en grande partie issue des réseaux sociaux.

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