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Interview de Jean Marc Plutau

Interview de Jean Marc Plutau, manager de transition pour le compte du cabinet Valtus et du cabinet Delville. Il revient pour nous sur sa carrière professionnelle, sur son métier de manager de transition et sur ses passions.

  1.   Bonjour M. Plutau, pouvez-vous vous présenter, présenter votre parcours ?

Jean-Marc Plutau : Bonjour, je m’appelle Jean-Marc Plutau. Je suis marié et j’ai deux enfants. Au niveau de mon parcours scolaire, je suis titulaire d’un baccalauréat G et j’ai continué sur des études supérieures en École de commerce à Paris où j’ai obtenu une licence.

Diplôme en poche, je suis entré dans le secteur de la grande distribution à Carrefour. Je suis resté dans cette enseigne pendant 10 ans. J’ai fait un parcours classique : je suis entré en tant que stagiaire chef de rayon, puis je suis passé chef de rayon avant de terminer responsable de secteur. En parallèle, j’ai été formateur à l’Institut Marcel Fournier à Sophia Antipolis pendant un an et demi. A la fin de ma carrière chez Carrefour, j’étais à la tête de plusieurs magasins en France.

A la suite de cette expérience, pendant 10 ans, j’ai intégré l’enseigne Castorama. J’étais en charge de la direction des magasins de la région nord de la France pendant 5 ans, avant de devenir directeur de la région parisienne pendant 5 ans également.

Ensuite, j’ai été pendant 3 ans président directeur général d’une société spécialisée dans la vente de papier peint et de peinture. Mon rôle était de prendre la direction de la société et de la revendre au bout de 3 ans. Lorsque je suis entré, elle était cotée à 8 euros et lorsque je l’ai revendu l’action avait grimpé à 88 euros.

Après je suis entré au poste de directeur général d’un groupe possédant quelques entreprises leader dans le marché des fenêtres, des centres et stations de lavage automobile pendant 10 ans. Lorsque j’ai intégré la direction de ce groupe, il comptait 80 magasins et lorsque je suis parti il y en avait 300. Nous avons aussi nettement augmenté le chiffre d’affaires, passant de 80 millions à 250 millions d’euros.

Lorsque j’ai quitté les fonctions de directeur général de ce groupe, j’ai repris les magasins intégrés de l’enseigne chez Mr. Bricolage au niveau de la France. Je ne suis resté que 6 mois à ce poste, car l’enseigne a été racheté par Castorama et je ne souhaitais pas retravailler pour cette enseigne.

A la suite de cette courte expérience, nous avons fait le point avec ma femme. Nous avons décidé d’aller vivre dans notre maison située au Touquet, car le cadre de vie est plus agréable comparé à la région parisienne et à Rouen où nous avions aussi une maison. Une fois sur place, j’ai racheté une société de location de véhicule, nommé Ada. J’ai acquis les murs et le fonds de commerce situé à Boulogne sur mer où il y avait une trentaine de véhicules. 6 mois plus tard, j’ai racheté une maison à l’entrée du Touquet que l’on a transformé en enseigne Ada. Ensuite, j’ai créé une société spécialisée dans le remplacement et la réparation des pare-brise, SOS Pare-Brise, qui dispose de deux enseignes. Sur l’ensemble des deux sites Ada, nous proposons plus de 170 véhicules à louer. Ces deux entreprises fonctionnent correctement et nous n’avons aucun problème particulier à signaler.

En parallèle, j’ai travaillé avec le cabinet Delville et le cabinet Valtus qui sont spécialisés dans le management de transition. Je prends en charge des missions de redressement d’entreprise en tant que manager sénior.

  1.   En quoi consiste le métier de manager de transition ?

Jean-Marc Plutau : Tout d’abord lorsque vous entrer au service d’un cabinet de management de transition, on dresse votre profil, les spécialités pour lesquelles vous êtes doué. Pour ma part, j’ai un profil managérial, redressement ou retour d’entreprise, développement commercial et usine. Une fois que le cabinet a dressé votre profil, il vous appelle pour des missions pouvant aller de 1 mois à 1 an soit pour remplacer temporairement le directeur général qui est parti le temps que l’entreprise trouve un remplaçant, soit pour des missions un peu plus précises et urgentes. Ce sont des missions pour lesquelles on est un peu un pompier : on doit intervenir rapidement pour éteindre la situation de crise.

Le manager de transition est rémunéré à la journée et dispose d’une checklist bien précise de toutes les actions qu’il doit mener au sein de l’entreprise. Une fois que la mission est effectuée, le professionnel repart.

En résumé, il y a trois cas de figure type dans lesquels peut intervenir un manager de transition :

  •         Lorsque le président a des doutes sur ses équipes de manager
  •         Lorsque le directeur général quitte l’entreprise et que le président n’a pas le temps de se retourner pour recruter rapidement un remplaçant. Le manager de transition intervient pour laisser du temps au président pour trouver quelqu’un de compétent
  •         Lorsque le président souhaite améliorer le bilan de sa société pour la revendre au plus vite
  1.   Quelles sont les étapes d’une mission de management de transition ?

Jean-Marc Plutau : il n’y a pas vraiment d’étapes dans une mission de management de transition. En général, on vous contacte le jeudi matin pour être présenté le vendredi soir à l’entreprise et pour commencer à travailler le lundi.

Suivant les langues que vous parlez, vous pouvez être également appelé pour intervenir dans d’autres pays européens.

Ensuite, c’est vous qui définissez votre cadre de mission et vous devez faire un rapport chaque semaine. Vous êtes rattaché à quelqu’un auquel vous dépendez, vous exécutez la mission puis vous repartez.

En tout état de cause, ce sont des missions dans lesquelles vous ne restez jamais dans l’entreprise.

  1.   Est-ce que le marché du manager de transition est un gros marché ? Une niche ? Y a-t-il beaucoup de concurrence ?

Jean-Marc Plutau : Lorsque j’ai commencé, il y a 6 ans, il n’y avait que deux cabinets sur Paris (Delville et Valtus, qui est le numéro 1 en Europe). Maintenant, on en compte 80. Précisons aussi que c’est un marché assez récent, il a seulement une dizaine d’années. Aujourd’hui, c’est un métier qui se développe, car les entreprises préfèrent faire appel à un prestataire extérieur pour des missions bien spécifiques.

  1.   Auprès de quelles entreprises intervenez-vous ? (taille, secteur) ?

Jean-Marc Plutau : en tant que manager de transition, j’interviens dans tout type d’entreprises, aussi bien des TPE que des PME ou des grands groupes de plus de 3000 personnes.

Concernant le secteur d’activité, je suis plutôt spécialisé secteur commercial et industriel.

  1.   Après être passé par un grand nombre d’entreprises, quels sont les défis auxquels sont confrontés les dirigeants d’une entreprise ?

Jean-Marc Plutau : Aujourd’hui, les dirigeants sont confrontés à la rapidité de l’évolution de la société, des technologies, des communications, etc. Avant, ils pouvaient faire des plans sur 3 ou 5 ans, mais maintenant, c’est totalement impossible. Ils raisonnent plutôt sur des plans à 3 mois.

Les entreprises doivent donc avoir une bonne élasticité et recruter des collaborateurs ayant de bonnes compétences dans des domaines particuliers.  

C’est d’ailleurs pour cela que de plus en plus d’entreprises se tournent vers le management de transition pour demander l’aide de professionnels qui ont des compétences précises afin d’agir rapidement.

  1.   Enfin, pour finir : avez-vous des passions ?

Jean-Marc Plutau : Au cours de ma vie, j’ai participé à quelques marathons, notamment celui de New York, Rotterdam et Paris et une quarantaine de semi-marathons.

Aujourd’hui, je continue de courir, mais je ne fais plus de marathons et de semi-marathons, car j’approche de la cinquantaine. Je fais deux sorties par semaine et je participe à de petites courses locales, notamment au Touquet.

La course apporte de nombreux bénéfices et un certain équilibre de vie, sans compter le fait que c’est un des sports les plus simples à pratiquer pour s’évader. En effet, un short et des chaussures suffisent.

Pour l’anecdote, j’ai aussi fait l’ascension du mont Ventoux à vélo, il y a 7 ans. C’était une expérience très plaisante, mais aussi difficile qu’un marathon. 

Merci Jean-Marc. 

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