Toutes les interviews et témoignages de dirigeants et VIP

Le mouvement Soka et son histoire

Le mouvement Soka et son histoire 

 

Le Bouddha affirmait : « Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde ». Cette citation qui date d’environ 500 ans avant notre ère a su traverser les époques et aujourd’hui de nombreuses personnes adoptent toujours cette philosophie bouddhiste. En effet, le bouddhisme est considéré comme étant l’une des plus anciennes religions au monde, se diffusant d’abord à travers les pays asiatiques, avant d’atteindre le continent européen au cours du XIXème siècle.

Au fil des siècles, de nombreux courants ont émergé du bouddhisme : hinayana, vajrayana et mahayana, qui prônent tous la paix et la compassion. Le mouvement mahayana a su se développer en s’inspirant à la fois des textes anciens dont le Sûtra du Lotus, considéré comme étant un des textes fondamentaux du bouddhisme à l’échelle mondiale. C’est le Sûtra du Lotus qui aura principalement inspiré la doctrine du moine japonais Nichiren Daishonin. Plus tard, au début du XXème siècle, le bouddhisme de Nichiren sera à l’origine de la Soka Gakkai.

Mais qu’est-ce que le mouvement Soka ? Comment le définir ? Quelles sont ses valeurs ?

Le bouddhisme de Nichiren

Afin de comprendre l’origine du mouvement Soka, il est essentiel de s’appuyer sur les enseignements de Nichiren Daishonin. Ce moine d’origine japonaise vécut au cours du XIIIème siècle. Motivé par sa volonté de trouver une solution face aux souffrances des personnes ordinaires, il décida d’approfondir ses connaissances en étudiant extensivement tous les sûtras bouddhiques et leurs commentaires à travers les deux mille ans d’histoire du bouddhisme. Il en conclut que le Sûtra du Lotus était  l’enseignement le plus important légué par Bouddha lui-même ainsi que le chemin spirituel le plus accessible à un grand nombre d’êtres humains, leur permettant d’atteindre la voie de l’éveil spirituel. Nichiren établit la pratique consistant à réciter le titre de ce sûtra : Nam-myoho-renge-kyo.  

Mais les autorités étatiques et religieuses de l’époque ne voient pas l’apparition de ce nouveau courant du bouddhisme d’un bon oeil et se liguent afin de réprimer Nichiren et ses disciples. En effet, le pouvoir en place à cette époque s’opposait aux valeurs que Nichiren voulait mettre en avant, à savoir, la quête du bonheur de chaque être humain au sein d’une société égalitaire et respectueuse. Malgré les persécutions dont était victime Nichiren, sa doctrine a su s’établir au fil des siècles, avec toujours pour objectif de permettre aux gens d’atteindre le bonheur et d’aider les autres à faire de même. 

 

L’apparition de la Soka Gakkai

Durant les siècles qui ont suivi, l’enseignement de Nichiren a perduré, mais sans grand développement. Par ailleurs, à début du XXème siècle, le contexte politique au Japon est très loin de correspondre à la société égalitaire et respectueuse que souhaitait Nichiren. Dans les années 30, le Japon connaît une expansion du militarisme en vue d’un conflit à l’échelle mondiale. Le gouvernement impose la pratique du Shintoïsme et le culte de l’empereur, en bannissant tout autre courant religieux. Mais en 1928, un éducateur japonais du nom de Tsunesaburo Makiguchi s’intéresse à la philosophie du bouddhisme de Nichiren. En 1930, il fonde la « Soka Kyoïku Gakkai », qui peut être traduit par : association pour une éducation créatrice de valeurs. Cependant, ses convictions religieuses dans le bouddhisme de Nichiren valent à Makiguchi d’être incarcéré en 1943, avec son premier disciple Josei Toda, ainsi qu’une vingtaine d’autres responsables de la Soka Kyoïku Gakkai. Seuls Makiguchi et Toda restent fidèles à leur conviction. Makiguchi décède au cours de l’année 1944, tandis que Josei Toda, lui, est libéré à la fin de la guerre. Il sort de prison  avec la détermination de transmettre l’enseignement de Nichiren et de recréer un vaste mouvement populaire fondé sur la foi, la pratique et l’étude bouddhiques.

Le développement de la Soka Gakkai à travers le monde

Josei Toda maintient sa volonté de communiquer les valeurs du bouddhisme de Nichiren, inculquées par son maître, Tsunesaburo Makiguchi. Ainsi, il parvient en quelques années à promouvoir cette doctrine à travers le territoire nippon. Et lorsqu’il décède en 1956, le Japon compte alors plus de 750 000 familles qui adhèrent au bouddhisme de Nichiren. Josei Toda confie à son jeune disciple, Daisaku Ikeda, la mission d’apporter un élan international à la Soka Gakkai, afin qu’un plus grand nombre de personnes accèdent à l’éveil spirituel et parviennent au bonheur intérieur. En portant les valeurs de  paix mais aussi d’éducation et de culture, ce courant bouddhiste a su se développer progressivement à une échelle internationale. Daisaku Ikeda fait la rencontre de nombreuses personnalités internationales ayant un impact dans divers domaines tels que l’art, la culture, l’éducation, la religion ou encore la politique. Daisaku Ikeda, alors troisième président de la Soka Gakkai, parvient à faire de cette organisation un mouvement reconnu mondialement, sous le nom de Soka Gakkai International (SGI). 

La SGI et ses trois piliers fondateurs

Grâce à l’organisation bouddhiste Soka Gakkai Internationale, l’enseignement  du bouddhisme Nichiren a su s’étendre au-delà des frontières japonaises afin de promouvoir la paix, la culture, l’éducation à travers le monde. Il s’agit des principes mêmes de la SGI. D’une part, la volonté de l’installation d’une paix durable dans le monde lui vaut une place reconnue dans de nombreuses institutions internationales. La SGI détient le statut d’ONG depuis 1983 au sein des Nations Unies. Elle participe également à promouvoir la paix au sein de différentes organisations telles que l’UNESCO, l’ECOSOC, ou encore le Haut Commissariat pour les réfugiés (UNHCR). D’autre part, la culture est un aspect essentiel d’après la SGI, car considérée comme fédératrice tout en offrant une ouverture sur le monde. Ainsi, la SGI organise de nombreux évènements artistiques et culturels tels que des expositions, des conférences, capables d’éveiller la créativité en chacun et de s’ouvrir à la créativité des autres. Enfin, le dernier pilier de la SGI concerne l’éducation, et tout comme pour la culture, l’organisation tente de mettre en place des initiatives éducatives capables d’encourager les échanges internationaux. Actuellement, la Soka Gakkai Internationale est présente dans plus de 192 pays et compte ainsi de nombreux citoyens pacifistes et créatifs à travers le monde. 

Le mouvement bouddhiste Soka en France

Tout comme la Soka Gakkai Internationale, le mouvement Soka en France souhaite promouvoir et transmettre le bouddhisme de Nichiren. Le mouvement Soka accompagne ceux qui le souhaitent à s’épanouir et à s’ouvrir au monde de manière positive. En France, le mouvement Soka compte plus de 20 000 pratiquants, situés dans les quatre coins de l’Hexagone.Il regroupe trois associations : 

  • L’Association Cultuelle Soka du Bouddhisme de Nichiren (ACSBN) qui gère les lieux de cultes et les évènements qui s’y produisent
  • L’Association Cultuelle Soka de France (ACSF) qui s’occupe exclusivement des évènements culturels 
  • L’Association de Commerce, d’Edition et de Prestation (ACEP) qui est responsable de l’édition de nombreux livres sur le thème du bouddhisme et de l’édition du mensuel « Valeurs Humaines »

Globalement, les activités du mouvement Soka sont locales, offrant la possibilité aux pratiquants de se réunir en petits groupes afin d’approfondir leur étude et leur pratique du bouddhisme de Nichiren. On compte environ mille groupes, qui se réunissent mensuellement, à travers toute la France. En dehors de ces séances d’études, le mouvement Soka organise également d’autres activités comme des réunions d’encouragement, des expositions culturelles, des conférences ou des actions d’intérêt général afin de participer à une réelle évolution vers une société respectueuse et égalitaire, comme l’annonçait Nichiren. 

Next Post

Previous Post

© 2020 Histoires Vraies

Theme by Anders Norén